Installation photovoltaïque : comment ça marche ?

Une installation photovoltaïque transforme la lumière du soleil en électricité, sans pièce mobile, sans bruit et sans combustible. Derrière cette simplicité apparente, plusieurs éléments travaillent ensemble : les modules sur le toit, l’onduleur, le tableau électrique de la maison et le compteur. Comprendre leur rôle aide à lire un devis, à choisir une puissance et à savoir ce que l’on peut attendre de ses panneaux, surtout depuis que les règles de vente du surplus ont changé en juin 2026.
De la lumière au courant : l’effet photovoltaïque
Chaque panneau, ou module, assemble des cellules en silicium. Lorsque la lumière frappe une cellule, elle met en mouvement des électrons : il apparaît une tension et, si le circuit est fermé, un courant continu. Les cellules sont reliées en série dans le module, et les modules entre eux, pour atteindre une tension exploitable.
La puissance d’un panneau s’exprime en watts-crête (Wc) : c’est ce qu’il fournit dans des conditions normalisées de laboratoire (ensoleillement de 1 000 W/m², cellule à 25 °C). Une installation domestique se mesure en kilowatts-crête (kWc). Ce chiffre ne dit pas combien elle produira dans l’année : la production réelle dépend de l’ensoleillement du lieu, de l’orientation, de l’inclinaison, des ombres et de la température. En France métropolitaine, un kilowatt-crête orienté au sud et incliné à 30° produit de l’ordre de 1 050 kWh par an à Lille à environ 1 600 kWh à Marseille, selon l’outil PVGIS de la Commission européenne (avec 14 % de pertes système). Notre article sur la production selon la région détaille ces écarts.
Le matériel d’une installation
| Élément | Rôle |
|---|---|
| Modules photovoltaïques | captent la lumière et produisent un courant continu |
| Système de fixation | relie les modules à la charpente ou au support, en surimposition ou en intégration |
| Onduleur (central ou micro-onduleurs) | convertit le courant continu en courant alternatif 230 V synchronisé avec le réseau |
| Protections électriques | coupure, parafoudre, disjoncteur différentiel côté courant continu et alternatif |
| Câblage et coffret | acheminent l’électricité jusqu’au tableau de la maison |
| Compteur communicant | mesure séparément l’électricité soutirée au réseau et celle qui y est injectée |
| Options | batterie, routeur pour le ballon d’eau chaude, borne de recharge pilotée, suivi de production |
L’onduleur est la pièce maîtresse après les panneaux. Un onduleur central reçoit l’ensemble des chaînes de modules ; des micro-onduleurs, placés sous chaque panneau, travaillent module par module et limitent l’effet d’une ombre partielle. Les deux solutions ont leurs avantages, que nous comparons dans onduleur ou micro-onduleurs.
Ce que devient l’électricité produite
Une installation raccordée au réseau ne stocke rien par défaut. L’électricité produite suit un chemin simple : elle alimente d’abord les appareils qui fonctionnent au même moment dans la maison. C’est l’autoconsommation. Si la production dépasse la consommation instantanée, l’excédent repart vers le réseau public : c’est le surplus, ou électricité injectée. Si la production ne suffit pas, le soir ou par temps couvert, la maison soutire le complément au réseau, comme avant.
Tout se joue donc à chaque instant. Un réfrigérateur, une box internet et un ballon d’eau chaude programmé l’après-midi consomment pendant que les panneaux produisent ; un four utilisé à 20 heures, non. La part de la production réellement consommée sur place s’appelle le taux d’autoconsommation. Elle est souvent modeste sans effort particulier, et peut être relevée en déplaçant certains usages en journée, en pilotant le chauffe-eau ou en rechargeant une voiture électrique à midi. Voir comment augmenter son taux d’autoconsommation.
Autoconsommation et vente du surplus
Pour une maison, le schéma courant est l’autoconsommation avec vente du surplus : on consomme ce que l’on peut, et l’excédent est acheté par EDF OA, l’acheteur obligé, dans le cadre d’un contrat de vingt ans. Les conditions de ce contrat ont beaucoup changé :
- pour les demandes complètes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026, l’électricité injectée est achetée à un tarif unique de 1,1 c€/kWh hors TVA, revalorisé de 2 % par an, dans la limite de 1 600 kWh par kWc et par an (arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin) ;
- la prime à l’autoconsommation, versée auparavant à l’investissement, est supprimée pour ces demandes ;
- la vente de la totalité de la production reste fermée au tarif d’achat pour les installations de 9 kWc ou moins, comme elle l’est depuis le 28 mars 2025.
Concrètement, un kilowattheure autoconsommé vaut aujourd’hui bien plus qu’un kilowattheure vendu : il évite d’acheter au réseau une électricité facturée autour de 0,20 € TTC le kWh au tarif réglementé option Base (6 kVA, août 2026), contre un peu plus d’un centime pour le surplus. La conception d’une installation doit donc partir de la consommation du foyer, pas de la surface du toit. Les chiffres complets sont dans Rentabilisez votre projet ; le détail du tarif d’achat est tenu à jour sur photovoltaique.info.
L’installation, étape par étape
- Étude : relevé de la consommation (le compteur Linky permet d’obtenir sa courbe de charge), examen de la toiture, de son orientation, des ombres et de la charpente, choix de la puissance.
- Devis et démarches : déclaration préalable de travaux en mairie, avec l’avis de l’architecte des Bâtiments de France en secteur protégé, puis demande de raccordement auprès du gestionnaire de réseau.
- Pose : fixation des rails, pose des modules, câblage, installation de l’onduleur et des protections. Pour une maison, le chantier dure souvent une à deux journées.
- Contrôle et mise en service : attestation de conformité visée par le Consuel, autorisation d’injecter, puis contrat d’achat du surplus.
Les détails et délais figurent dans notre guide des démarches d’une installation photovoltaïque.
Qui peut installer ?
Rien n’interdit à un particulier de poser des panneaux, mais la TVA réduite à 5,5 % (installations de 9 kWc au plus dans un logement, sous conditions techniques, depuis le 1er octobre 2025) suppose une prestation de fourniture et de pose facturée par une entreprise, et le contrat d’achat exige une attestation de qualification de l’installateur, généralement RGE en photovoltaïque. Notre annuaire des installateurs RGE, construit à partir des données de l’ADEME, permet de vérifier la qualification d’une entreprise près de chez vous.
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Demander des devisDurée de vie et entretien
Les modules sont garantis par leurs fabricants sur de longues durées, avec une perte de rendement lente : les garanties prévoient le plus souvent de 0,4 à 0,7 % de perte par an sur 25 à 30 ans, selon photovoltaique.info. L’onduleur central est en général la première pièce à remplacer, au bout d’une dizaine à une quinzaine d’années. L’entretien se limite le plus souvent à surveiller la production, ce que permettent les applications de suivi, et à faire vérifier l’installation en cas de baisse anormale. En fin de vie, les panneaux sont repris gratuitement par la filière de recyclage. Plus de détails dans entretien et durée de vie des panneaux.
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